L'histoire de Guignol à Lyon

L’histoire de Guignol est intimement liée à celle de Lyon et d’un homme, Laurent Mourguet. La première trace de la marionnette remonte aux environs de 1810.

Certains racontent que son créateur, Laurent Mourguet, se serait inspiré de sa propre image. D’autres affirment qu’il aurait emprunté l’expression d’un voisin canut « C’est guignolant » pour ses spectacles et que le public aurait alors nommé la marionnette Guignol.

Enfin, une autre hypothèse atteste que son nom proviendrait du nom d’un village lombard, Chignolo. Bien que son origine fasse débat, Guignol est un vrai lyonnais incarnant l’humour, l’indépendance et la joie de vivre.

Né en 1769 dans une famille canuse, Laurent Mourguet ne sait ni lire, ni écrire et reçoit pour seule formation celle du métier de ses parents : le tissage de soie. La crise de la canuserie pousse de nombreux ouvriers de la Fabrique à se reconvertir. Afin de gagner sa vie, Laurent Mourguet s’installe comme arracheur de dents sur les places lyonnaises. Pour attirer sa clientèle et couvrir les cris des passants, ce dernier monte un spectacle de marionnettes. Ce spectacle improvisé remplit une réelle fonction de gazette. Suivant l’actualité du jour, il s’élève par le biais de ses marionnettes contre les injustices subies par les petites gens.

Dès 1804, Laurent Mourguet devient marionnettiste professionnel et crée son premier théâtre dans le quartier des Brotteaux dans le jardin du Petit Tivoli. La marionnette de Gnafron, fidèle compère de Guignol, aurait été créé avant même Guignol en souvenir de son collaborateur, le père Thomas, très porté sur le vin du Beaujolais. La première apparition de Guignol date traditionnellement du 24 octobre 1808, bien qu’elle soit souvent remise en cause. Guignol devient alors le porte-parole des petites gens du fait de la simplicité qui dégage de son personnage.

Comme Laurent Mourguet était analphabète, il n’a pu légué aucune pièce écrite. C’est donc au magistrat, Jean-Baptiste Onofrio, que l’on doit la conservation écrite de ce patrimoine. En effet, ce dernier a publié deux volumes de textes du répertoire classique.

Aujourd’hui, Guignol fait partie intégrante du patrimoine culturel français et un symbole de l’identité et de la tradition lyonnaise. Plusieurs théâtres jouent des pièces de Guignol mais seul Le Véritable théâtre de Guignol du Vieux Lyon et du Parc Tête d’Or interprète encore les pièces du répertoire classique et traditionnel de Laurent Mourguet.

Guignol au parc

Bonjour les gones !
Maintenant faut p’têtre ben que je vous racontasse un peu l’histoire de notre théâtre à nous.
Ce titre de Véritable Guignol du Vieux Lyon, on appelle ça une raison sociale … et qu’elle est pas d’aujourd’hui … nom d’un rat … elle date du 19ème siècle.

C’est le grand Pipa Joseph Moritz qui l’avait achetée acque tout un théâtre … y jouait à droite à gauche un peu partout.
Puis en 1948, le petit Pipa Antoine Moritz et sa fenotte (femme) l’Yvonne – y z’ont eu l’idée de demander d’installer un castelet au Parc – y fallait bien distraire les Lyonnais venant se bambaner (flâner) et me faire connaître moi Guignol que suit le patrimoine culturel de Lyon à ceusses qu’étaient pas de chez nous et passaient par là.

On est sur la place de Guignol depuis tout ce temps, bien chez nous … Oh ! Ca n’a pas toujours été facile ! Si depuis 1960 on vit dans notre maison de Guignol éclairée et sonorisée, avant le bâtiment il était seulement fermé aux quatre coins. Y servait d’abri.
Nous on s’installait devant. Alors, le théâtre, les marionnettes, les bancs, et tout et tout, on les amenait et les ramenait tous les jours.

Parfois aussi, sans criait gare, arrivait une singotte (averse). Fallait vite ranger et décaniller (partir) pour ne pas pétafiner (abîmer) les décors et les rideaux de velours.

Et en ce temps là ! Les automobiles elles rentraient pas au parc. On entassait tout ce matériel sur des remorques, que l’on traînait. Même qu’une fois, y a une remorque, celle de la Madelon, elle s’est aboussée (embourber) dans une flaque d’eau. Le Vieux Gnafron, il au mieux aimé que ce soit dans une cempote (tonneau de vin).

Après cette époque, à cha peu on eut des améliorations. On s’est payé des bancs que tiennent dans le sol. Le Maire nous a offert des barrières en remplacement des cordes qui tournaient autour des arbres.

1985, ce magnifique toit pour éviter aux gones de se benouiller (tremper), quand y tombait une averse. Et même qu’il a coûté par mal de z’escalins (pièces).
Deux ans plus tard, l’autorisation de mettre un rideau séparant les spectateurs de l’extérieur. Comme ça Madelon, elle était plus obligée à chaque séance de passer le plateau pour tous ceux qui étaient derrière les barrières.

Hou ! Dans ce plateau y avait pas souvent des pièces. C’est vrai que des chenuses colombes (belles filles) et de bons gones donnaient leur participation, mais les sampilles (guenilles) étaient plus nombreux et ils s’escannaient (partir en douce) à toute allure.

Et ben voilà, je vous ai tout racontassé !

Allez à la revoyure.
Je vous fait p’ter la miaille et n’oubliez pas que Guignol amuse les enfants et les gens d’esprit.

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